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Gand/Venise : regards croisés.

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Gand/Venise : regards croisés.

Message par condorcet le Ven 29 Aoû - 9:59

Là où l'histoire commence à pointer son nez, l'industrie touristique n'est jamais bien loin. Gand et Venise partagent le même destin : cités prospères, orgueilleuses, à des rythmes et des périodes différentes, à ceci près que Venise n'a pas souhaité porté au pinacle ses dirigeants politiques et que le natif du crû gandois, Charles d'Espagne, futur Charles Quint, ne bénéficie d'une réputation à la hauteur de ses talents (lol), villes de canaux.
Les canaux gandois sont magnifiques mais, hélas, hélas, hélas, ils sont déserts. Point de traces d'embarcations sous quelque dénomination, point de ce doux murmure des eaux dont parlait Properce à propos de Rome et qui sied aussi à Venise.
L'éclairage urbain a trouvé à Venise comme à Gand un équilibre subtil entre discrétion et harmonie. Les rues pavées offrent des bruits comparables à ceux des calli mais les frôlements furtifs très vénitiens sont inimaginables à Gand, sauf à abuser des bières trappistes, ce qui n'est pas le cas des historiens sérieux lol!
Vi lascio adesso, bella giornata. E abbiamo sempre questo cielo grigio.... affraid

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Re: Gand/Venise : regards croisés.

Message par condorcet le Ven 5 Sep - 1:11

Je ne possède pas de guide touristique ayant trait de loin ou de près à la Belgique. Mon seul bagage, outre l’assortiment vestimentaire du commun, est composé d’un lecteur MP3, d’un volume des Mémoires inutiles du N.H Carlo Gozzi et d’une chemise cartonnée renfermant un texte de communication. A Venise, une malle eût été nécessaire alors qu’ici, en Flandres, un ciel fermé accueille ces quelques effets. L’esprit en jachère, l’œil règne, notant ce parc bourgeois et ces demeures altières, le bloc austère formé par les résidences étudiantes, le glacis pavé qui annonce la faculté des Arts et lettres. Des déambulations dans les longs couloirs de la faculté aux échanges dans les cafés de la ville, ce colloque offre un splendide répertoire ce que l’histoire culturelle, parvenue à maturité, peut offrir. Ainsi, ma consoeur, Sophie Kienlen, esquisse une analyse très fine de l’essor du voyage étudiant en Europe tandis que Pierre-François Peirano donne un magnifique exposé de l’expédition Lewis and Clark voulue par le Président des Etats-Unis d’Amérique Jefferson en 1806 et qui relia la côta Atlantique à la côte Pacifique. L’éclairage international permet de dépasser les impasses des aires culturelles, de deviner la passion derrière un visage qui s’anime, une idée qui jaillit, un trait qui s’affine. Il est troublant de réfléchir sur des processus dont nous sommes à la fois spectateurs et acteurs et il y faut beaucoup de l’insouciance de la jeunesse pour s’abstraire de nos trajectoires propres. Cendrillon serait-elle gantoise ? La voûte blême des petits matins se mue au crépuscule en tableau vivant. La pénombre assaillant les silhouettes, enveloppant de rumeurs le centre historique, le moment gantois est venu. Même dans une ville complètement inconnue, vieux réflexe de goliard, les souvenirs scolaires affluent : le mouvement des communes et la proximité avec la Ligue Hanséatique, le redoutable Charles d’Espagne (fille de Jeanne la Folle, reine d’Espagne) future Charles Quint, l’industrie drapière et la IIème Révolution industrielle, les multiples transports de l’ Agneau mystique , polyptyque peint par Jan Van Eyck. Prisme rassurant, déformant aussi auquel se superpose la farandole des regards, de la gestuelle, de ce quotidien que l’historien analyse mais observe parfois avec acuité mais par interstices. Couples enlacés mais aussi beaucoup d’étranges cohortes étudiantes tanguant au gré des inspirations – bucoliques et plus souvent alcooliques –. Le trio tram-vélo-canaux berce ces rêveries dont l’éphémérité le dispute à la fulgurance.
Une fois les torpeurs de la journée épuisées, vient le temps des lectures et des remords. La plume a-t’elle omis tel aspect, surévalué le rôle de ce protagoniste, trop usé de l’ellipse ? Le texte historique n’est jamais clos : au fur et à mesure des vagues-à-l’âme de son hauteur, il s’enrichira ou se dénudera, c’est selon. Aprement discuté en différentes langues, il prend sa coloration finale.
Dans une nuit gantoise d’insomnie, il peut sembler étrange de parcourir avec délices les démêlés réels ou imaginaires de Carlo Gozzi. Ce contemporain de Carlo Goldoni a usé beaucoup de fiel, de talent, peu de mesure pour triompher de Lumières qui n’atteignirent Venise qu’à l’ultime fin. La venezianità prisait fort peu Diderot ou Voltaire, et les villas de la Brenta ne bruissaient plus que de cette quête effrénée de la démesure. Moment privilégié comme celui de la rencontre avec une ville inconnue : au fil du révolu.

condorcet

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